C2 - Actualiser l’expression de la foi

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Actualiser l’expression de la foi.

 

Partage du matin

O. J’ai travaillé à l’aumônerie, à la préparation à la confirmation ; j’étais plus âgée que les autres membres de l’équipe ; je n’avais pas le même langage  que les jeunes. Comment m’adapter, leur parler ? Ce qui a été important pour les jeunes : vivre des choses : visites en maison de retraite, catéchèse ; importance des témoignages.

 

L. La visibilité de l’église : En 1986, lors de la visite de Jean-Paul II à Lyon, j’étais dans la cathédrale, afin d’effectuer un reportage ; le pape s’est agenouillé juste devant moi ; j’ai été secoué de voir notre capacité à prier tous ensemble, malgré nos différences.  

A saint Pierre de Rome, lors d’un rassemblement de la pastorale de la santé : il y avait bien sûr un malaise de voir les « effets de manche (et de soutanes) » des « monsignores» ; mais une dynamique.

Nous sommes dans cette église où on ne peut pas adhérer à tout ; mais nous sommes réunis par quelqu’un qui nous dépasse ; il faut être serein pour penser l’avenir. Je suis un chrétien heureux, même si certaines choses ne vont pas. Importance de cette attitude personnelle qui va au-delà des mots ; il y a une distance entre le poids de l’institution, et la sérénité. Comment l’évangile peut-il être dit ? Pour moi, malgré les questions posées, je suis serein : avoir du courage, dans la sérénité.

 

M. Le langage de la foi n’est-il que dans les mots ? Les actes, attitudes ne sont-elles pas aussi un langage.

Exemple : je suis agacé par la manière dont les filles, dans ma paroisse, sont exclues du service de l’autel !

L’accueil des migrants. Il y a plusieurs locaux disponibles dans la paroisse : mais le pasteur a d’autres projets : arrivée de religieux vivant de mendicité, création de chambres pour séminaristes dans une cure vide ; ancienne maison de religieuse transformée en appartement, pour qui ?

Des « baptisés » ont créé une association ; deux familles d’irakiens ont ainsi été accueillies. C’est bien une manière de « dire » ?

 

S. La routine des mots et des chants a quelque chose de rassurant, mais pour les plus jeunes qui n’ont pas la même culture, c’est plutôt un obstacle. Notre foi est le produit d’une longue histoire.

 

C. A Rome, expérience à Saint Pierre (basilique merveilleuse et en même temps odieuse). Il y a vait une ordination d’un évêque africain : il y eu un vrai hululement dans la basilique : joie exprimée et communicative.

Trouver un langage qui dise la foi, un langage d’une communauté ; personnellement je parle facilement : par exemple dans un abri bus aux personnes attendant comme moi : « briser la glace » dit quelque chose de notre foi.

Les aspects du corps : en prison ; à l’occasion de retraite donnée : la bible, l’évangile n’est pas un conte, mais se raconte. Laisser les prisonniers raconter ce qu’ils ont entendu, avec leurs mots à eux. En écoutant les personnes, on reçoit leurs mots : ils m’ont fait découvrir l’évangile. Les mimes ont aussi permis d’exprimer ce qu’ils avaient compris. Cela passe donc par le corps, le dessin…

La parole peut être une barrière ; l’écoute jamais.

 

C. Entrer en conversation ; apprendre à écouter ; entendre ce que l’Esprit nous dit à travers les mots de l’autre, ses propres mots.

La messe : que peut comprendre un incroyant ; et pourtant une fois, un jeune, incroyant, participant à une messe a été touché : il est allé ensuite jusqu’au baptême !

Souvent le langage et les gestes de la liturgie ont des mots qui sont pour nous privés de sens ; nécessité de temps d’explication. Mais attention à ne pas entrer dans le « simplisme ».

Expérience d’accueil en paroisse : les besoins de parler à un prêtre ; mais aussi que un « humain » m’écoute : nous sommes arrivés avec une personne à prier ensemble.

Ne pas oublier le « ministère de l’écoute ».

Le que fait l’autre de sa vie, ou de sa tranche de vie, n’est-elle pas une « parabole » pour aujourd’hui ?

 

G. A été ordonné prêtre en 1965 ; aujourd’hui marié, une fille, 3 petits enfants. Se déclare toujours « prêtre ».

A vécu une rupture violente avec l’église ; durant plusieurs années je ne suis pas allé à l’eucharistie ; j’arrive maintenant à supporter des « trucs » qui m’énervent : les textes des oraisons, le credo… l’Eglise ne doit pas être un « musée ». Revoir notre langage.

 

Après le premier tour de partage

L. Nous manquons de courage, nous chrétiens. Il faut s’exprimer au bon endroit ; parler comme à un frère ; pour le bon et le moins bon. Personnellement je rencontre Philippe Barbarin ; quand je ne suis pas content de quelque chose, je le lui dit ; mais pareillement quand il y a des choses bien.

 

X. Les besoins des jeunes aujourd’hui ; Renouveler les gestes qui nous gênent, mais en même temps ces gestes les nourrissent !

Expliquer, réexpliquer, donner des espaces de création.

Demander à des « artistes » de donner des idées de manières de célébrer.

Le langage de la foi n’est pas que dans les mots.

 

Propositions

Que dans chaque paroisse, que chacun des groupes existant puisse prendre en charge l’animation liturgique d’un dimanche ; que ce groupe adapte l’expression liturgique à la réalité de  ce que vit le groupe, de ce que vit le monde. Qu’un langage compréhensif soit utilisé.

Si je suis à l’écoute de la Parole de Dieu, à la parole de celui ou celle que je rencontre, je reçois de lui, d’elle, les mots de la foi que je peux lui adresser.

Que la personne qui donne l’homélie la prépare avec un  groupe de baptisés ; que la porte soit ouverte à qui veut venir…