B2 - Accueillir les situations « complexes »

B2 situations dites irregulieresB2 situations dites irregulieres

 

Accueillir les situations « complexes »

 

Composition du groupe de cet atelier :

Merci pour la richesse de la diversité des « profils » des participants et participantes autour de la table !

Je ne sais pas si c’est cela que l’on appelle les « situations complexes » (termes que l’on n’a pas essayé de définir il me semble) mais, en tout cas, nous représentions une belle gamme de « diversités » : personne divorcée actuellement en formation pour être diacre, mère de famille gérant le mieux possible la vie de sa fille, mariée et vivant en couple homosexuel et envisageant une PMA, femme qui se retrouve dans une paroisse avec un curé extrêmement « tradi » reposant entre autre la question de savoir comment, ce curé, avec ses idées très arrêtées, peut accueillir des jeunes et des couples d’aujourd’hui, femme vivant dans une petite commune de l’ouest lyonnais où la population s’est récemment opposée à l’installation d’un « village d’insertion » de familles rroms dans une commune où il y a déjà un CADA géré par Forum Réfugiés dans lequel cette femme s’occupe bénévolement de l’apprentissage du français … mais aussi de la demande de baptême d’une famille, femme pas du tout à l’aise avec la pratique quotidienne de son église de quartier.. tout en assumant avec son mari des responsabilités dans cette même église, ex prêtre « réduit à l’état laïc » selon la formule habituelle alors que sa demande initiale était simplement de pouvoir se marier et de travailler, paroissien, lecteur de longue date de Golias et de Hebdo TC, engagé dans plusieurs mouvements et associations (dont la paroisse de son secteur) … tout en venant d’écrire dans le bulletin paroissial un article décrivant pourquoi il répond négativement à la question « Eglise que j’aime ? ».

On sent qu’il y a de la vie dans notre quotidien … et que nos positions, à chacun et chacune, ne sont pas toujours en phase avec l’église officielle …

Quelques phrases notées au cours de nos échanges :

  • Il faut se déranger pour aller vers l’autre … et pas vivre dans son entre soi
  • L’église est critiquable sur la situation actuelle : c’est l’exemple qui paie, pas les discours.
  • Promesse de curé, promesse d’ivrogne
  • On devient très vite « anticlérical viscéral » alors que l’on demande simplement, au départ, à pouvoir vivre normalement.

 

Partage d’expériences à partir de cas concrets, de situations :

De quelles situations complexes parlons-nous ? A quoi sommes-nous confrontés ?

La situation évolue dans les communautés chrétiennes car, tout simplement, les familles vivent de + en + souvent elles-mêmes les évolutions de comportement : divorce … avec ou sans remariage ou nouvelle vie commune, séparation, homosexualité, rejet des pratiques religieuses … Toutes ces évolutions nous amènent à devoir sortir des règles et des réponses préétablies car, dans la réalité concrète, aucune situation ne ressemble à une autre situation. Il faut sortir des schémas rôdés d’avance de type « coupables / pas coupables » qui s’appliqueraient à tout le monde. En fait, l’Eglise, structurée et institutionnalisée, ne doit pas prendre en compte la « situation » des gens par rapport à une règle préétablie : elle doit prendre en compte la personne elle-même, pas son statut !

Avec toute la difficulté de ce qu’on appelle maintenant « le discernement » ! Qu’est-ce que veut dire le discernement ? Est-ce que, par derrière cette appellation, on n’est pas en train de stigmatiser les personnes aux yeux de la communauté (cf question de la communion des enfants non baptisés, de la communion des divorcés-remariés, etc. Est-ce que, derrière ces débats, la question de base n’est pas tout simplement celle de la rencontre ou non de Jésus.

 

Quelle église en 2030 ? La réponse du groupe est du type : j’aime l’église dans sa complexité, j’aime l’église qui va être dans la rencontre … Même si elle me fait souvent souffrir, je n’ai pas envie de lui cracher dessus … tant qu’elle va au-devant des autres. L’église est humaine, elle n’est pas au-dessus ! C’est comme dans une famille, on n’est pas d’accord avec tous … et pourtant on s’accepte et on discute. L’église c’est ma famille. Ce n’est pas une institution, c’est une communauté d’hommes et de femmes.

 

L’église est là pour aider les hommes / femmes à réussir leur vie : comment rendre alors l’église plus accueillante, plus humaine ? Comment avoir un langage plus « humaniste », plus « aimant » et non pas un langage de jugement ?

 

Quelle organisation des ministères ? Nous pensons qu’il faudrait avoir des hommes, des femmes, « ordonné.e.s prêtres » pour un temps donné, pour une mission donnée, tant que la communauté nous accepte et que nous acceptons la communauté avec laquelle nous sommes appelé.e.s à travailler.

 

Quelle organisation des paroisses ? L’église, c’est en fait le rassemblement de petites communautés où il est nécessaire de donner du pouvoir aux laïcs. Comment être proche des gens quand, comme dans Lyon 5, on veut faire une communauté en regroupant 3 paroisses, 3 « clochers » ou comme c’est le cas dans certaines campagnes, une paroisse regroupe 16 clochers ?

Il faut savoir donner des délégations de proximité ! Et celui qui a reçu une délégation n’est pas propriétaire de son groupe : il faut être humble, être au service et savoir remettre sa délégation en jeu.

 

Le rôle des femmes ? On constate heureusement de grandes avancées et une évolution très positive sur la question de l’accès des femmes à la recherche théologique … mais dès qu’il s’agit pour les femmes d’accéder au pouvoir de décision, tout change ! En tant que femme, je trouve de mieux en mieux ma place dans les communautés laïques … mais j’ai encore besoin que l’église me nourrisse » !

Quel écho pour certaines paroles de Jésus ?

En vrac … mais j’ai peut-être mal noté (et je n’ai pas vérifié), les textes qui nous parlent : les récits évangéliques !

  • St Jean, 14 : aimez-vous en actes et en vérité, pas simplement en paroles
  • Jésus et la Samaritaine
  • Matthieu, 25
  • Evangile selon Pilate (?)

 

 

 

Quelles actions immédiates / concrètes pour prolonger le Colloque ?

 

  • Réorganisation des paroisses en petites communautés : CMR en milieu rural / les « communautés de base » de Bernard Besret / organisation mise en avant par Mgr ROUET à Poitiers, etc.
  • Revoir les missions des laïcs : multiplier les missions, élire les responsables de façon démocratique, esprit humble, de service.
  • Mettre des « personnes ressources » compétentes à disposition des laïcs en charge de missions parfois complexes (coaching / tutorat)

 

 

 

Question Finale : post-it qui aurait dû être collé :

Nouvelle organisation du ministère pour un temps donné (pas de prêtre à vie …) et ouverture de ces ministères aux femmes comme aux hommes .