C1 - Actualiser l’expression de la foi

C1 actualiser l expression de la foiC1 actualiser l expression de la foi

 

 « Foi et Langage »

 

                   Les participants étaient d’origine et de positionnement très différents :

-              Animatrice ; Patiaré Bergeret

-              Religieuses engagée avec le MCR, l’accompagnement des gens du voyage, les personnes en EHPAD, le catéchuménat, l’aumônerie d’hôpital.

-              Religieux enseignant, engagé au Secours catholique, à l’ACAT.

-              Laïque membre de la CCBF, engagée dans une équipe d’aumônerie d’hôpital, et d’accompagnement de sépulture. 

-              Laïc en retrait de la vie ecclésiale, affectivement croyant, intellectuellement athée, en recherche d’un langage sur la foi.

-              Laïc engagé dans la pastorale de la confirmation.

-              Laïc engagé dans la catéchèse,

-              Laïc engagé en paroisse : groupe biblique, dialogue chrétiens-musulmans, préparation au mariage.

 

La discussion porte dès le départ sur un vocabulaire religieux et liturgique qui n’a souvent plus de signification aujourd’hui pour les contemporains :

     Le langage du Credo n’a plus de sens dans une société marquée par la science

     Des mots comme « Dieu tout puissant » sont insupportables face au Mal radical 

     La « puissance et la gloire », le « royaume de Dieu » : Comment traduire pour aujourd’hui ? 

     La «Vierge Marie » : Quel sens pour cette virginité aujourd’hui ?

     Comment parler de Jésus aux enfants, et répondre à leurs questions ?

     Le langage liturgique est non seulement incompréhensible mais parfois même pervers : par exemple le langage sacrificiel sur la Passion de Jésus comme sacrifice expiatoire…

2 personnes du groupe ont lu le livre de J.S. Spong : « la résurrection, mythe ou réalité ? » et disent l’importance de cette lecture pour le langage de la foi : L’utilisation de la relecture « midrashique » des textes évangéliques permet de comprendre l’origine des témoignages, et de dépasser un « littéralisme », un « fondamentalisme » dans l’interprétation des textes, qui imprègne le catéchisme, les homélies, le langage religieux. « Est- ce que l’Eglise m’a trompé ? »

Mais certains dans le groupe pensent que la foi se vit  tout autant comme une écoute de la parole de Dieu à travers des symboles et des rites simples, des gestes, des comportements qui ne sont pas du tout intellectuels, et qui sont parlants ( par exemple le « lavement des pieds »). La foi est une expérience vitale qui se vit et se transmet par des gestes, des signes d’amour ( par exemple l’expérience de l’Arche de  Jean Vanier)

Dans la recherche de textes signifiants, parlants, pour aujourd’hui, le groupe cite les textes suivants :

- Mt 25 « c’est à moi que vous l’avez fait… »

- Le lavement des pieds

- La femme adultère

- Jésus à la synagogue de Capharnaüm

- Jésus et l’aveugle : « Que veux- tu que je fasse pour toi ? »

- La parabole du semeur

 

                 Le groupe retient « la parabole du semeur » et « la femme adultère » pour un partage :

Dans la parabole du semeur, le message passe à travers des mots simples, accessibles. La parabole fait ressortir la surabondance du don apporté à tous. Le terrain, dans sa diversité, c’est nous. On peut être selon les périodes un terrain plus ou moins réceptif, mais le semeur n’arrête jamais de semer. 

Dans la rencontre avec la femme adultère, le pardon, la miséricorde, le refus de jugement de Jésus est un signe prophétique de son message d’amour universel, sans aucune exclusion. On pourrait lire cette attitude comme une remise en question de l’Eglise institution. Mais Jésus ne juge personne. Il appelle à « ne plus se tromper de chemin ».

                Après ce partage, le groupe échange sur des pistes d’actions concrètes en vue de trouver un langage plus adapté pour parler de la foi.

- Il faut travailler sur le langage liturgique et dogmatique : Credo, prières eucharistiques, catéchisme.

- Il faut une formation des prêtres et des L.E.M. moins « formatage », qui intègre mieux l’ouverture des interprétations, la relecture des textes à partir des sources mythologiques ou midrashiques.

- Il faut faire évoluer l’accompagnement des funérailles vers plus d’écoute des familles.

- Il faut valoriser les symboles du rituel dans  le baptême d’adultes .

- Il faut une catéchèse pour enfants qui apporte une base solide, permettant plus la mémorisation.

- Il faut multiplier les groupes de partage, soit à l’occasion des messes ou célébrations (messe « autrement ») ou à domicile, en petits groupes de partage, facilitant l’expression personnelle. 

  Phrase proposée pour la restitution à l’Assemblée :

        « Comment vivre le partage fraternel de l’évangile en petits groupes avec nos mots d’aujourd’hui ? »