K2 - Articulation ministères et laïcs

K2 articulation ministeres et laicsK2 articulation ministeres et laics

 

 

 

Articulation ministères et laïcs

 

Facilitateur : Gérard Degrond

Participants : Gabriel R., Charles D.-, Catherine B., Martine F., Jean-Marc S. puis Josselin T.

, Odile P., Chantal P., François R.,, Agnès I.

 

Il nous faut distinguer deux grandes réalités : Paroisses et Mouvements.

Dans les paroisses le curé est le responsable, secondé par une Equipe d’Animation Pastorale (ou paroissiale). Il faut d’ailleurs rappeler que dans le droit canon l’E.A.P. n’est pas mentionnée mais bien le Conseil Pastoral.

Dans les mouvements les laïcs sont à la direction et le prêtre est un accompagnateur.

 

Les difficultés de collaboration tiennent aux personnes, notamment à la personnalité du prêtre qui peut utiliser les organes de collaboration, comme l’E.A.P. et le Conseil Pastoral, pour effectivement être à l’écoute de ses paroissiens et tenir compte de leurs avis et initiatives ou garder toute l’autorité avec ou sans utiliser ces structures de gouvernance diocésaines ou canoniques.

L’E.A.P. est-elle bien toujours au service de la mission, pour donner une impulsion à la paroisse ou un simple outil organisationnel ?

Qui désigne les membres constituants cette Equipe ? Les laïcs y sont-ils associés ?

 

Une autre instance permet un travail collaboratif : les synodes diocésains (actuellement en Saône et Loire) qui provoquent des discussions en équipe. Cela peut redonner à chacun le goût de sa mission, de son baptême, oser avec humilité, et éviter une lutte de pouvoir, favoriser le service.

 

Le curé est responsable d’un territoire pour un temps déterminé, les chrétiens, pour la plupart, demeurent. Si chaque curé crée sans concertation et sans s’appuyer sur ses paroissiens qui devront continuer sans lui, cela ne peut qu’engendrer du gâchis, étouffer les initiatives et l’enthousiasme. Ce mode de gouvernance est inadapté. Il faut des personnalités très équilibrées pour être réellement à l’écoute et ne pas imposer leurs goûts.

Les laïcs peuvent eux-aussi s’imposer et prendre trop de place : risque de s’installer dans le pouvoir

 

Les difficultés tiennent aussi au Droit Canon. Il demande aux prêtres d’être gestionnaire, manager, pasteur… alors que notre société véhicule un mode de gouvernance « démocratique », ce qui est un exercice plus difficile : donner la parole aux gens puis décider. Il est plus facile de décider seul.

L’institution véhicule dans ses directives quelque chose de « rigide » et de centralisateur tandis que les laïcs ont des mandats pour une mission déterminée et dans un temps donné.

 

Le rôle du prêtre n’est-il pas d’écouter, de discerner les charismes des uns et des autres, de susciter, d’accompagner pour permettre à chacun de vivre sa vocation ? Ne faudrait-il pas insister davantage sur sa fonction de « pasteur avec ses brebis » : prendre soin, servir… ?

 

La communauté du Chemin Neuf a une douzaine de paroisses en charge : c’est une communauté qui est au service d’une paroisse. Ce sont des « Fraternités Paroissiales Missionnaires » qui portent la mission. C’est la vie fraternelle qui est le socle, le cœur de la mission. Il s’agit de se faire une même vision de la mission pour un lieu déterminé, une paroisse.

Les prêtres ont-il un lieu où vivre la fraternité ?

L’E.A.P. discerne-t-elle quel est l’appel, la mission spécifique de la paroisse ? Comment faire vivre la diaconie, la liturgie, la Parole ici et maintenant ?

 

Etrangement dans certaines paroisses, il existe des pans de la mission confiés aux laïcs où ils sont laissés complètement à eux-mêmes, par exemple « les funérailles », la formation au « mariage »…

A ce propos et pour accompagner les laïcs qui ont à commenter la parole de Dieu aux funérailles, la CCBF organise avec les dominicains depuis 3 ans des « Ecoles de la prédication ».

 

Par ailleurs les laïcs qui visitent les prisons, les hôpitaux, ne peuvent pas donner les sacrements (réconciliation et sacrement des malades) ? Est-ce bien normal ?

 

La place de l’évêque ? Les directives diocésaines ne sont pas toujours respectées par les prêtres, notamment dans le diocèse de Lyon. Il semble souvent que l’Evêque n’a pas de pouvoir pour faire bouger les choses là où la gouvernance dysfonctionne.

 

Comment articuler les charismes avec la structure paroissiale ? Comment intégrer davantage les mouvements, les communautés nouvelles, les diverses spiritualités vécues par les paroissiens dans la vie et la mission de la paroisse ? Comment remettre le spirituel au cœur de la paroisse ?

 

Eclairage des textes du nouveau testament :

 

Jésus ne demande pas la même chose à chacun « Lève-toi, prends ton grabat et va dans ta maison » (Marc 2,11) et « Toi, suis-moi» (Jean 21, 20-23)

Le Pasteur et son troupeau (Jean 10, 1-16) : c’est la manière de faire du Pape François, l’attention à la personne.

L’envoi des 12 apôtres par Jésus (Marc 6, 6b à 52) où l’on les voit exercer « l’autorité sur les esprits impurs » que Jésus leur a donné, guérir les malades… puis revenir à Jésus pour lui dire ce qu’ils ont fait (relecture ?), il les emmène à l’écart, puis s’effacent devant Jésus qui nourrit les foules et finalement ont peur et ne reconnaissent pas Jésus dans la tempête, le cœur endurci… et il s’agit toujours des mêmes apôtres.

St Paul « a travaillé pour n’être à la charge de personne » (2ème aux Thessaloniciens 3, 8) : attention aux laïcs payés pour leur mission à ne pas empiéter sur l’engagement des bénévoles.

L’image du « corps du Christ » (1ère aux Corinthiens 12, 4-27) : complémentarité de la tête et des membres, reliés entre eux et animés par le même cœur, le même Esprit.

Les charismes ont une certaine hiérarchie entre eux. (1ère aux Corinthiens 12, 28)

Le lavement des pieds (Jean, 13) : être au service les uns des autres. Signe très expressif vécu à « la journée des acteurs pastoraux » du 10 novembre et par Monseigneur Legal avec les divorcés remariés ou non.

Le Cep et les sarments (Jean 15,4-5) : communion, se nourrir à la même source. Sans sève le rameau meurt. « Sans moi vous ne pouvez rien faire ».

 

Trois propositions :

 

Avant de formuler les propositions ci-dessous, quelques pistes ont été évoquées

  • Donner à la paroisse le goût de la mission
  • Un rôle du curé : écouter la vocation des laïcs et reconnaître les talents
  • Les éventuelles difficultés entre curés et laïcs dépendent-elles de la personnalité du curé ou s’agit-il d’un problème de gouvernance ?
  • Que la paroisse devienne le socle d’une vie fraternelle, communautaire et missionnaire
  • Attention à la cléricalisation des laïcs
  • Remettre le spirituel en premier

 

1. Former à « la relecture » de ce qui est vécu pour ne pas laisser des situations de souffrances se cristalliser (voire formulation post-it K2)

 

2. Créer des « espaces de convivialité » pour mailler les activités existant sur la paroisse, faire se rencontrer les personnes, faire de toutes ces activités des réalités paroissiales

 

3. Encourager « les formations » pour les laïcs qui s’engagent, avec un soutien matériel et un accompagnement.