Synthèse des Questions "Zéro" et "Oméga"

Synthèse des réponses reçues à la question "Zéro" lors de l'ouverture du colloque et de la question "Oméga" posée à la fin de celui-ci

Synthese des question zero et omegaSynthese des questions zero et omega

colloque Eglise 2030

synthèse des questions zéro et oméga

 

Méthode

La centaine de réponses reçues pour chaque question a été regroupée autour de quelques concepts. Pour chacun d’eux, je me suis efforcé de garder les mots mêmes utilisés par les participants, sans guillemets ni italiques pour une meilleure lisibilité.

 

Question zéro

Quelles sont vos attentes en venant à ce colloque ?

 

Une expérience d’Eglise

Ce qui revient le plus souvent en réponse à la question sur les attentes des participants, c’est tout simplement de faire, dans ce temps de colloque, une expérience d’Eglise : rencontrer des visages nouveaux, entendre d’autres chrétiens, partager, dialoguer, échanger des expériences…

 

Positionnement par rapport à l'Eglise

Cette expérience est à mettre en regard de leur propre positionnement par rapport à l'Eglise.

Il s’agit souvent d’un vis-à-vis, parfois critique : une hiérarchie anté-conciliaire, une Eglise qui vient d’en-haut, qui se replie sur soi, bureaucratique.

Elle suscite également des questionnements : sur les « nouvelles pratiques ecclésiales », sur son état et le sens dans lequel elle avance, sur les forces vives de l'Eglise de Lyon.

Cette Eglise il faut la mettre en mouvement, faire avancer nos jeunes prêtres qui reculent, l’ouvrir, la rendre plus accueillante et moins normative, dialoguer avec ceux qui sont ancrés dans l'Eglise d’hier.

D’autant plus que c’est aussi une Eglise vivante, qu’on aime et qui avance et se modernise

 

La place des laïcs

Dans cette Eglise, les laïcs baptisés sont nombreux à souhaiter pouvoir y trouver leur place, participer, contribuer à la mission, se sentir acteurs, car le baptême est constitutif du peuple de Dieu. Pour cela ils souhaitent qu’on les entende et leur permette de participer. Le point particulier de la place des femmes dans l'Eglise est évoqué à plusieurs reprises

 

Eglise et monde

Insérés dans le monde, les laïcs baptisés sont particulièrement sensibles à la relation entre l'Eglise et celui-ci. Cette Eglise, parfois vue comme ringarde, il s’agit d'abord de l’ouvrir aux problèmes du monde actuel, puis de l’adapter à ses bouleversements. Il faut qu’elle soit présente et puisse s’orienter afin d’articuler son évolution et celle de la société.

En travaillant avec et non pour le monde, l’Eglise, chemin d’humanité, pourra ouvrir sa richesse au monde et permettre un engagement des chrétiens dans un accord foi/action

 

Quelques souhaits

Souhait que le langage et la forme de la liturgie soient actualisés et renouvelés, qu’il y ait une meilleure coopération entre les mouvements d’Eglise, ou encore de ne pas oublier nos campagnes

 

Repartir

Dès le début certains envisagent comment ils vont repartir. Avec un goût plus fort de l'Evangile, ils pourront témoigner de celui-ci en communautés chrétiennes.  Pleins d’espérance pour le monde et le devenir de l'Eglise, ils repartiront avec plus de force, déterminés à ouvrir leur paroisse notamment aux plus démunis et aux immigrés et à affronter les situations difficiles qu’on peut y rencontrer.

 

 

 

 

Question oméga

Ce avec quoi je repars à la fin de ce colloque : question, doute, espoir, projet…

 

Un temps de fraternité

Même s’il a pu paraître insuffisamment audacieux, manquer de solutions concrètes ou rester trop dans l’interne de l'Eglise, même s’il a été regretté que certains sujets n’aient pas été abordés (homosexuels, divorcés remariés, pédophilie des prêtres) ce colloque a été vécu comme un temps de fraternité et de partage en communauté clercs-laïcs permettant de découvrir des choses formidables faites par les chrétiens dans le diocèse.

 

Des visages d’Eglise

De ces discussions et partages, de nombreux visages de l'Eglise ont émergé. Plusieurs participants ont mis en évidence une Eglise lieu de fraternité, avec des frères et de sœurs vivant des expériences et des liens de fraternité, dans des assemblées fraternelles

Cette fraternité n’empêche pas le constat de l’existence de sensibilités différentes, de divergences, de positions identitaires, qui peuvent questionner mais aussi être vues comme des incompréhensions à abattre et même des occasions d’écouter sans jugement, de dialoguer et de se témoigner une reconnaissance réciproque pour que tous trouvent leur place dans la communauté paroissiale.

 

Des attentes et des freins

Visages déjà actuels ou encore à construire, l'Eglise évolue et doit encore évoluer.

Même si l’on doute parfois de la capacité d’ouverture de l’institution, beaucoup de participants sont en attente d’une Eglise ouverte. Ouverte pour être à l’écoute des baptisés, ouverte aux marges, ouverte pour être en conversation avec le monde dans lequel elle est immergée, qu’elle doit aimer et pour lequel elle doit avoir un regard favorable pour rester en conversation avec lui, surtout avec ceux dont elle est loin.

Sur le même plan on espère une Eglise de plein vent, dépoussiérée, en chemin au-delà de ses frontières traditionnelles

Mais la présence de freins est exprimée. Des prêtres sont perçus « au-dessus » des laïcs, leur imposant leur point de vue ; dans une paroisse tout est formaté et dirigé par le curé. Après Vatican II dont il faudrait retrouver l’interprétation évangélique, il semble qu’il y ait un repli actuel, une lenteur, un retard et une peur de la part de l’institution dont les cadres doivent bouger, à l’instar du pape François.

 

Des propositions

Face à ces attentes et ces constats, les participants ne sont pas avares de propositions d’organisation de l'Eglise. Face à un modèle clérical parfois jugé à bout de souffle, plusieurs évoquent le passage à une Eglise communion de communautés de base. D’autres parlent de trouver un petit groupe pour célébrer l’eucharistie, de susciter des petites communautés qui partagent la Parole de Dieu (pour cela il faut former des animateurs), des lieux où les laïcs pourront bâtir des célébrations fraternelles.

On évoque aussi des Eglises en réseaux pour ne pas tout miser sur le territorial, voire une Eglise SMS, Twitts, Skype.

 

L’engagement des baptisés

Pout tout cela les baptisés sont prêts à s’engager, à bouger et faire bouger parce que chacun est concerné par l’évolution de l'Eglise et qu’ils veulent avancer et agir pour construire l'Eglise qu’ils souhaitent voir arriver.

Ils sont conscients d’être responsables ou coresponsables de leur Eglise et prêts à exercer cette responsabilité en inventant, parfois en contrant voire en se posant en contre-pouvoir.

Quelques demandes concernent la Parole que certains souhaitent pouvoir commenter, ou faire l’homélie. Le rôle des femmes est encore évoqué (par exemple droit de donner la communion, de lire les textes, d’avoir accès au chœur), ainsi qu’une demande de revoir et corriger les ministères.

 

Et maintenant

Avec tout cela certains repartent regonflés de ce partage, avec l’envie d’approfondir et de poursuivre ce travail là où ils sont. Plusieurs sont en attente d’une suite, en particulier en allant vers les jeunes pour leur faire de la place et écouter leurs désirs et propositions